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La tension est à son comble à l'aéroport de Bunia, chef-lieu de la province de l'Ituri. . Dans une lettre syndicale adressée au Directeur Général de la Régie des Voies Aériennes (RVA) et rendue publique mercredi 16 septembre, les agents et cadres de Bunia lancent un cri d'alarme : huit (8) mois d'arriérés de salaires et une exposition à haut risque à l'épidémie d'Ebola.
Une asphyxie financière depuis février
D'après le syndicat, "les agents n'ont plus perçu le moindre salaire depuis février 2026, soit huit mois consécutifs. Une situation intenable pour des dizaines de familles qui, malgré tout, continuent d'assurer le service minimum", peut-on lire dans cette correspondance.
Les travailleurs pointent du doigt la fermeture de l'aéroport de Bunia aux vols commerciaux depuis mai 2026, sur décision des autorités sanitaires pour contenir l'épidémie d'Ebola. "Cette fermeture a coupé la RVA de sa principale source de recettes : les redevances aéroportuaires. Seuls quelques vols humanitaires et cargos continuent d'atterrir, de manière irrégulière".
"Nous contrôlons les bagages à mains nues"
Au-delà des salaires, les agents réclament l'instauration immédiate d'une prime de risque sanitaire. Ils affirment être en première ligne lors du contrôle des passagers et des bagages des vols humanitaires, sans masques, sans gants, ni équipements de protection individuelle adéquats.
"Nous sommes exposés tous les jours au virus, au même titre que les soignants, mais nous sommes oubliés", confie un agent sous couvert d'anonymat.
Enfin, le syndicat s'interroge sur la cohérence de la mesure : pourquoi maintenir l'aéroport fermé aux vols commerciaux alors que le trafic routier, beaucoup plus difficile à contrôler, reste totalement ouvert entre Bunia et les zones touchées ? Pour eux, cette fermeture sélective pénalise l'économie de l'Ituri sans réel bénéfice sanitaire.
Ils plaident désormais pour un plan de relance urgent, avec un protocole sanitaire renforcé, afin de permettre la réouverture progressive des vols et la survie financière de la RVA à Bunia.