Le directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), le professeur Jean-Jacques Muyembe, a annoncé mardi à Kinshasa que les chercheurs congolais sont parvenus à séquencer en moins de 24 heures le génome complet du virus Ebola détecté récemment à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri.
Cette révélation a été faite lors d’un briefing spécial consacré à la 17ᵉ épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo. Selon le virologue congolais, les analyses génétiques menées par les équipes de l’INRB ont permis d’identifier un variant distinct du virus Bundibugyo, déjà observé lors des épidémies de 2007 en Ouganda et de 2012 à Isiro, dans le Haut-Uele.
"Notre force, c’est d’avoir séquencé le génome complet du virus en moins de 24 heures", a déclaré le professeur Muyembe, soulignant la rapidité de la réponse scientifique congolaise face à cette nouvelle alerte sanitaire.
Le scientifique a toutefois précisé qu’il ne s’agit pas d’un nouveau virus, mais d’une variante différente du virus Bundibugyo connu jusque-là. Selon lui, les études phylogénétiques montrent que le virus détecté à Bunia se situe génétiquement entre les variants identifiés en 2007 et en 2012.
Pour Jean-Jacques Muyembe, cette découverte laisse penser à une nouvelle transmission zoonotique, c’est-à-dire une contamination de l’homme à partir d’un animal porteur du virus. Cette hypothèse renforce la nécessité d’une surveillance épidémiologique accrue ainsi que du respect strict des mesures de prévention dans les zones touchées.
Cette avancée scientifique intervient alors que les autorités sanitaires congolaises, avec l’appui des partenaires nationaux et internationaux, poursuivent les efforts de riposte pour contenir la propagation de cette 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC.