La situation socio-économique préoccupante que traverse l’agglomération de Komanda et ses environs suscite de vives inquiétudes au sein des autorités locales. Le chef de la chefferie des Basili, TOYABHO KATHO Jean, a ce lundi 23 février tiré la sonnette d’alarme sur le comportement d’une partie de la jeunesse, qu’il considère comme un frein majeur au développement du milieu.
Selon lui, un constat clair se dégage : de nombreux jeunes n’adhèrent plus à la culture du travail. « Beaucoup de nos jeunes n’aiment pas travailler et ne veulent pas exercer d’activité », a-t-il déploré. D’après ses observations, la majorité se limite à deux activités principales, notamment l’exploitation artisanale de l’or et la conduite de motos, tandis que d’autres passent leur temps à jouer aux cartes, aux jeux de dames ou à consommer de l’alcool dans les centres et quartiers environnants.
Pourtant, le manque d’emploi ne serait pas la cause principale de cette situation. Le chef coutumier affirme que plusieurs opportunités de travail manuel existent, notamment dans la maçonnerie, la menuiserie et d’autres métiers pratiques.
Cependant, ces emplois sont souvent délaissés par les jeunes, qui préfèrent rester inactifs dans les avenues et quartiers. Cette attitude contribue également à la hausse du coût de la main-d’œuvre locale, les rares jeunes acceptant de travailler fixant parfois des prix jugés excessifs pour les services de transport de marchandises ou de matériaux.
Face à cette réalité, les employeurs et agriculteurs se voient contraints de faire appel à une main-d’œuvre extérieure. Des travailleurs proviennent notamment du territoire de Mahagi, de Bunia, ainsi que d’autres agglomérations comme Kirumba et Kanyabayonga, parcourant de longues distances pour effectuer des travaux que les jeunes locaux refusent. « Même pour fabriquer des briques ou travailler dans les champs, il devient difficile de trouver des jeunes disponibles sur place », a-t-il regretté.
Au-delà de l’impact économique, les conséquences sociales deviennent également visibles. Le chef de la chefferie souligne que l’oisiveté et l’alcoolisme croissants poussent certains jeunes, dépourvus de revenus, à recourir au vol pour subvenir aux besoins de leurs familles. Des cas de vols dans les champs, notamment de manioc et de feuilles de manioc, autrefois rares à Komanda, sont désormais fréquemment signalés. Ces actes affectent directement les agriculteurs et fragilisent davantage la sécurité alimentaire locale.
« La jeunesse est l’avenir de demain. C’est elle qui construira notre milieu et développera le pays. Mais si elle s’abandonne à l’alcool et refuse de travailler, elle risque de devenir une force de destruction plutôt que de construction », a averti TOYABHO KATHO Jean.
Il souligne également que les premières victimes de cette situation sont les femmes et les enfants, qui subissent les conséquences du manque de revenus au sein des ménages. Face à cette crise grandissante, le chef de la chefferie des Basili plaide pour l’organisation d’un dialogue inclusif réunissant les groupes de jeunes, la société civile et les leaders communautaires afin de réfléchir ensemble à des solutions durables.
À l’horizon 2030, l’autorité coutumière s’interroge sur l’avenir de la jeunesse locale si aucune action concrète n’est engagée. Pour lui, il devient urgent de sensibiliser les jeunes à la valeur du travail et de promouvoir une culture de responsabilité, condition essentielle pour assurer le développement durable de Komanda et de ses environs.