Zephani NGAHANGONDI
17 Jan
17Jan

Un drame à caractère profondément humain s’est produit dans la nuit du jeudi au vendredi 16 janvier à la barrière de la Direction Générale des Recettes de la Province de l’Ituri (DGRPI), située à la sortie du territoire de Mambasa, sur la Route Nationale n°44 (RN44), axe Mambasa–Beni.

Un compatriote gravement malade, en provenance d’Isiro et en évacuation sanitaire vers Butembo pour des soins médicaux urgents, est arrivé tard dans la nuit à ce poste de contrôle. La barrière était alors fermée, conformément à une instruction des autorités provinciales prise pour des raisons sécuritaires.

Malgré le caractère urgent et vital de la situation, les agents civils et militaires commis à la garde de cette barrière ont refusé d’autoriser le passage du véhicule transportant le malade. Faute de solution alternative, le patient et son garde-malade ont été contraints de descendre du véhicule et de passer la nuit dans un hôtel situé non loin de la barrière.

Malheureusement, le malade est décédé très tôt le matin, avant même la réouverture de la barrière, sans avoir pu atteindre une structure sanitaire appropriée. Ce décès a provoqué une onde de choc et une profonde indignation au sein de la population de Mambasa.

Réagissant à ce drame, la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC), par la voix de son coordonnateur territorial à Mambasa, Me Jospin Paluku Mbowa, s’est dit "profondément choquée et révoltée par ce manque d’humanisme de la part des agents de l’État".

La structure citoyenne condamne fermement cette attitude et appelle le Gouverneur de la province de l’Ituri à revoir et adapter les mesures sécuritaires, afin qu’elles n’entravent pas la libre circulation des personnes, en particulier dans les cas exceptionnels et urgents liés à la santé et à la vie humaine.

Par ailleurs, la Nouvelle Société Civile Congolaise demande au Chef de parquet militaire détaché à Mambasa d’ouvrir des enquêtes sérieuses et indépendantes pour établir les responsabilités. Les agents civils et militaires impliqués dans ce refus de passage pourraient, selon Me Jospin Paluku Mbowa, répondre de leurs actes pour non-assistance à personne en danger, une infraction prévue et punie par la législation congolaise.

Ce drame relance une fois de plus le débat sur la nécessité d’intégrer une approche humaine et salvatrice dans l’application des mesures sécuritaires, afin de garantir en toutes circonstances le droit à la vie et à la santé, consacrés par la Constitution de la République Démocratique du Congo.

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