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Isolé politiquement et condamné à mort, Joseph Kabila jouerait sa dernière carte. C'est l'analyse de Constantin Grund, représentant de la Fondation Friedrich Ebert en RDC, interrogé par la DW après l'annonce par l'ancien président de la création d'un nouveau mouvement politique issu de l'AFC/M23.
Selon lui, "cette initiative marque une rupture définitive avec toute possibilité de dialogue avec le gouvernement congolais. En s'appuyant sur une dynamique militaire, Joseph Kabila tenterait un retour forcé sur la scène politique"(Ndlr).
Servir les intérêts du Rwanda
Constantin Grund estime que cette démarche sert surtout les intérêts du Rwanda. "En donnant une dimension purement congolaise à la rébellion, elle permettrait à Kigali et à Paul Kagame de présenter le conflit comme une affaire intra-congolaise, alors qu'il est perçu comme une agression extérieure".
Pour l'analyste, une marche rebelle sur Kinshasa reste peu probable à ce stade. Le gouvernement de Félix Tshisekedi conserve un soutien international solide, tandis que le Rwanda subit une pression diplomatique et une stigmatisation croissante.
Sur le plan économique, Constantin Grund ne croit pas que cette annonce menace à court terme les partenariats entre l'UE et la RDC, notamment autour des minerais stratégiques.
Enfin, il relativise l'idée d'une crise majeure en RDC. Pour lui, le discours sur la crise est surtout porté par l'opposition. Le régime de Félix Tshisekedi, affirme-t-il, reste stable et garde l'avantage politique.