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Diallo Joseph
3 min lu
09 Oct
09Oct

Désigné par Kinshasa comme acteur déstabilisateur de la région des Grands Lacs, le président rwandais Paul Kagame affiche une position inébranlable face à la pression internationale. Reçu mercredi à Kigali par le panel des facilitateurs de l'Union africaine, il a conditionné tout retrait de ses troupes à la résolution de ce qu'il appelle les "causes profondes" du conflit dans l'Est de la RDC.

La menace FDLR au cœur de l'argumentaire rwandais

Le panel était composé de l'ancienne présidente de l'Éthiopie Sahle-Work Zewde, de l'ancien président du Kenya Uhuru Kenyatta, de l'ancien président du Botswana Mokgweetsi Masisi, ainsi que de Yackoley Kokou Johnson, vice-ministre togolais des Affaires étrangères.

"Leurs discussions ont porté sur le processus de paix mené par l'UA et sur les prochaines étapes à franchir pour parvenir à une paix et une stabilité durables dans l'est de la RDC, notamment en s'attaquant aux causes profondes du conflit", a rapporté la présidence rwandaise dans un communiqué.

Par "causes profondes", Kigali entend principalement la "présence continue" des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dans l'Est congolais. Selon le président rwandais, ce groupe armé fondé par des extrémistes hutus ayant fui le Rwanda après le génocide des Tutsis de 1994 représente une menace sécuritaire directe et existentielle pour le Rwanda.

Pour Kigali, une paix durable exige la neutralisation définitive de ce mouvement et la prise en compte des discriminations visant les populations rwandophones dans l'Est de la RDC.

Une ligne défendue depuis février

Le chef de l'État rwandais avait déjà développé cette thèse en février 2026 lors de son discours sur l'état de la nation, rejetant l'accusation d'une guerre économique pour les minerais.

"Nous, un petit pays comme le Rwanda, devons pouvoir nous y opposer. Ils prétendent que nous sommes au Congo à la recherche de minéraux. [...] Ils tentent d'éluder le véritable problème, qu'ils connaissent eux-mêmes et dans lequel ils sont impliqués, concernant la milice Interahamwe présente au Congo. Les Interahamwe s'y étaient installés. Ils étaient armés, qu'ils soient déjà sur place ou nouveaux venus ; certains étaient intégrés à l'armée congolaise, tandis que d'autres opéraient à ses côtés", avait-il déclaré.

Un dialogue sous haute tension

Du côté de Kinshasa, le gouvernement congolais accuse Kigali de soutenir militairement l'AFC/M23 et d'occuper une partie du Nord-Kivu. Des accusations que Kigali rejette, parlant de mesures défensives.

Après Kigali et Goma, le panel de l'UA est attendu ce jeudi 9 octobre à Kinshasa pour rencontrer le président Félix Tshisekedi, dans une tentative de relancer le processus de paix de Luanda et de Nairobi, au point mort depuis plusieurs mois.

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