📱
Découvrez notre application mobile "RTC la Référence"

Installez l'application pour une meilleure expérience de lecture et écoute.

Bande Défilante - Liens Directs
Chargement des informations...

Zephani NGAHANGONDI
5 min lu
28 Aug
28Aug

Le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a annoncé, jeudi 27 août 2026, la convocation d’un Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État. Particularité annoncée : le processus ne commencera pas à Kinshasa, mais à travers les 26 provinces du pays, appelées à identifier leurs propres causes de crises et à proposer des pistes de solutions.

Face aux crises sécuritaires, politiques et sociales qui ont marqué l’histoire du pays, particulièrement dans l’Est de la RDC, Félix Tshisekedi estime nécessaire de rechercher des solutions allant au-delà des arrangements politiques ponctuels.

Le chef de l’État rappelle notamment les conséquences de plusieurs décennies de conflits dans l’Est, évoquant les populations tuées, déplacées ou contraintes à l’exil, les violences subies par les femmes, la destruction des villages ainsi que la prédation des ressources naturelles.

Il cite notamment Goma, Bukavu, Bunagana, Rutshuru, Masisi, Nyiragongo, Lubero, Beni, Djugu, Irumu, Kalehe et Uvira parmi les zones durement affectées par les violences.

Des consultations dans les 26 provinces

Selon Félix Tshisekedi, le Dialogue national se distinguera par son ancrage territorial. Avant les assises nationales, une vaste consultation politique et technique sera organisée dans chaque province.

Ces forums préliminaires devraient réunir les populations et autorités locales, les parlementaires, les représentants des entités territoriales, les partis et regroupements politiques de la majorité et de l’opposition, la société civile, les autorités coutumières, les confessions religieuses ainsi que les milieux professionnels, économiques, universitaires et scientifiques.

Chaque province sera appelée à établir son propre diagnostic, notamment sur les causes de l’insécurité, les conflits fonciers et coutumiers, les tensions communautaires, les insuffisances administratives, les inégalités, les obstacles au développement et les réformes jugées nécessaires.

Tirer les leçons des précédents dialogues

Dans son discours, Félix Tshisekedi reconnaît que les différents processus politiques organisés dans l’histoire du pays ont permis certaines avancées, mais n’ont pas réussi à mettre définitivement fin aux crises.

Il estime notamment que les réponses apportées ont trop souvent privilégié le partage du pouvoir au détriment de la consolidation de l’État. Il relève également une participation insuffisante des populations dans certains processus ainsi que des faiblesses dans le suivi des engagements pris.

Le nouveau Dialogue ambitionne ainsi de ne plus seulement répondre aux manifestations successives des crises, mais d’en traiter les causes profondes.

Les institutions ne seront pas suspendues

Le président de la République précise que le Dialogue ne vise pas à remettre en cause les institutions issues des urnes.

Celles-ci continueront, selon lui, à exercer pleinement leurs prérogatives jusqu’au terme constitutionnel de leurs mandats.

Le chef de l’État affirme également que le processus ne constituera pas une négociation avec ceux qu’il qualifie d’"agresseur ou ses supplétifs".

Tshisekedi maintient ses exigences sur la crise dans l’Est

Concernant la situation sécuritaire, Félix Tshisekedi exige notamment le retrait complet et vérifiable des forces étrangères non invitées, la cessation de tout soutien aux groupes armés, le démantèlement des administrations parallèles et le rétablissement intégral de l’autorité de l’État.

Il a également rendu hommage aux Forces armées de la RDC, à la Police nationale, aux services de sécurité ainsi qu’aux Wazalendo engagés dans la défense du territoire national.

Washington et Doha ne suffiront pas, selon Tshisekedi

Le président a enfin évoqué les processus diplomatiques de Washington et de Doha ainsi que les initiatives conduites sous l’égide de l’Union africaine et soutenues par plusieurs partenaires régionaux et internationaux.

Tout en jugeant ces démarches indispensables, Félix Tshisekedi estime qu’aucun accord diplomatique ne peut, à lui seul, définir la République que les Congolais veulent construire ni réconcilier durablement les communautés sans leur participation.

Le Dialogue national annoncé entend ainsi compléter les initiatives diplomatiques par un processus interne reposant sur la participation des provinces, la cohésion nationale et la consolidation des institutions de l’État.

Commentaires
* L'e-mail ne sera pas publié sur le site web.
RTCR - Radio en Ligne
EN DIRECT
RTCR
● ON AIR