Le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, fait face à une dégradation alarmante de la situation sécuritaire marquée par des violences armées répétées et une exploitation illicite des ressources naturelles. Cette situation plonge la population locale dans une détresse profonde, notamment dans les chefferies de Babila Babombi et Babila Bakwanza, devenues des épicentres de l’insécurité.
Selon les informations recueillies sur le terrain, plusieurs groupes armés ayant quitté le Nord-Kivu, où sévissent les rebelles du M23 et des ADF/NALU, se seraient installés dans différentes entités du territoire de Mambasa. Leur présence est signalée principalement dans les zones de Bakwanza et Babombi, où ils sont accusés de graves violations des droits humains.
Le 5 janvier 2026, des éléments des Wazalendo opérant vers Mamulembo auraient procédé à l’arrestation arbitraire de deux civils. Les victimes auraient subi des actes de torture dans un lieu de détention clandestin, causant la mort de l’une d’entre elles. Aucune enquête officielle ni poursuite judiciaire n’a été engagée jusqu’à présent.
Le 15 janvier 2026, un agriculteur répondant au nom de Dona a été enlevé dans son champ par des Wazalendo à Kibenete, à l’est de Biakato. Son enlèvement accentue le climat de peur au sein de la population rurale, déjà fortement vulnérable.
Par ailleurs, le dimanche dernier, un violent affrontement a opposé deux groupes des Wazalendo à Elota, un carré minier du groupement Bakaheku. Cet accrochage armé a entraîné le pillage de plusieurs biens matériels ainsi que d’importantes quantités d’or. Des pertes en vies humaines seraient également à déplorer, illustrant la lutte armée autour du contrôle des sites miniers.
Des enquêtes locales indiquent la présence d’au moins 12 groupes armés actifs dans le groupement Bakaheku, 4 dans le groupement Bangole et 2 dans la chefferie de Babila Bakwanza. Ces groupes tirent profit de l’exploitation illégale de l’or, du coltan, du bois et d’autres ressources, alimentant une économie de guerre au détriment des communautés locales, tout en multipliant les exactions contre les civils.
Face à cette situation, la Convention pour le Respect des Droits Humains (CRDH), coordination de Mambasa, lance un cri d’alarme et interpelle les autorités provinciales et nationales. L’organisation rappelle que la population de Mambasa a droit à la paix, à la sécurité et au respect de ses droits fondamentaux, et exige la traque effective de tous les groupes armés qui insécurisent la région.