La situation sécuritaire en chefferie de Babila Bakwanza, dans le territoire de Mambasa (Ituri), continue de susciter des vives inquiétudes au sein de la population, en particulier les ménages vivant des activités champêtres.
Depuis la mise en place des mesures sécuritaires interdisant l’accès aux zones sous contrôle des rebelles ADF, la population affirme avoir respecté ces dispositions dans l’objectif de préserver sa sécurité. Toutefois, des témoignages recueillis sur place font état de cas récurrents de pillage de produits agricoles dans des champs actuellement inaccessibles à leurs propriétaires.
Selon plusieurs sources locales, l’existence de certains points de traversée non suffisamment contrôlés faciliterait le passage de produits champêtres dont l’origine reste difficile à établir. Parmi les points cités figurent notamment Kalisanga, Kitsiva vers Lisoma, chez Monsieur Lidja ainsi que Camp Lolwa. Des soupçons de complicités individuelles sont évoqués par la population, sans que cela ne fasse l’objet, à ce stade, d’une confirmation officielle.
Par ailleurs, des habitants rapportent qu’un groupe de personnes a été intercepté récemment par des civils en possession d’une douzaine de colis de cacao. Les circonstances exactes de leur remise en liberté restent floues et mériteraient, selon plusieurs acteurs locaux, d’être clarifiées par les autorités compétentes.
Face à ces faits préoccupants, la population exprime sa crainte de retourner dans les zones champêtres, redoutant de constater d’importantes pertes de leurs récoltes, après une longue période marquée par l’insécurité liée aux ADF.
Dans ce contexte, la CRDH/Mambasa lance un appel pressant aux autorités militaires et sécuritaires afin d’envisager l’élargissement des opérations de sécurisation dans les zones concernées. L’organisation plaide également pour l’implantation de positions FARDC-UPDF dans certaines localités jugées stratégiques, notamment Eta Crédit, Matolo, Bandenge et Sita Rudi, afin de faciliter le retour progressif et sécurisé des populations déplacées.
Enfin, la CRDH/Mambasa alerte sur l’émergence de difficultés sociales et humanitaires dans les milieux d’accueil où des familles se sont installées de manière précipitée, souvent sans assistance suffisante.
L’organisation appelle à une intervention rapide et coordonnée des autorités afin de prévenir une aggravation de la situation humanitaire et économique dans cette partie du territoire de Mambasa.